vendredi 26 juin 2009

Sans titre

par Coline Honoré



(Pièce sombre, munie d’un lit, d’une lampe de chevet. Il y a des piles de livres partout, il y en a énormément.
Il y a une jeune fille d’environ 16 ans, très chétive, couchée dans le lit, à lire un livre)

Entre un homme, la quarantaine, un psychologue.

h: Puis-je entrer, mademoiselle ?

f : Vous êtes déjà entré, monsieur, mais je vous en prie.

H : Oh, je vois qu’il n’y a pas de chaise…

F : Je vous assure que vous n’en aurez pas besoin. Sans vouloir vous manquer de respect, monsieur, je n’attends rien de votre visite et ne doute pas qu’elle soit très courte.

H : Votre mère vous a-t-elle expliqué les motifs qui la poussaient à faire appel à moi ?

F : Comme vous tenez visiblement à rester, je vous conseille vivement de cesser de me parler sur ce ton infantile. La faute de votre visite n’incombe qu’à ma mère, je vous prie de ne pas tenter de vous excuser faussement en essayent de m’être sympathique.

H : Je vois. Puis-je aller chercher une chaise ?

F : Je vois mal comment vous l’interdire.

H : mademoiselle, s’il-vous plaît. Vous prétendez ne pas m’en vouloir pour cette visite, votre ton m’en fait douter.

F : La faute de vous incombe pas. Cela n’empêche nullement que je n’aie aucun respect pour votre corps de profession.

H : Ayez dans ce cas du respect pour l’être humain.

F : j’aurai envers vous le respect minimal qui revient à l’être vivant. Je ne vous outrage pas.

H : Je vais chercher cette chaise.

(elle reprend la lecture, il revient trente secondes plus tard. Il s’assied.)

H : Que lisez-vous, si je puis me permettre de poser la question ?

F : Vous le pouvez, mais quand bien même je vous répondrais, vous ne connaîtriez pas.

H : je ne mets pas en doute vos connaissances, mais il est fort probable qu’en plus de vingt ans de lecture, j’en ai accumulé au moins autant que vous en deux ou trois ans…

F : Permettez-moi d’en douter largement.

H : Eh bien, je prends le risque.

F : Les facéties de la mort. Thomas Lovell Beddoes.

H : C’est probablement un de ces thrillers américains à la mode en ce moment, je me trompe ?

F : Thomas Lovell Beddoes est un dramaturge et poète anglais né au début du 19eme siècle. Vous vous trompiez effectivement. Vous n’avez cependant pas grand tort : il est tombé dans l’oubli le plus total.

H : Eh bien, vous m’avez appris quelque chose.

F : Je n’en doute pas. Vous dites ça sur le ton de la flatterie. Je doute que votre présomption et votre suffisance en soient amoindries, mais au moins votre caquet est à présent rabattu.

H : Mademoiselle, vous n’avez plus besoin de me faire comprendre à quel point ma présence vous est indésirable. Si vous espérez me faire partir à force de vexations, je dois vous prévenir que vous risquez d’attendre longtemps.

F : Je ne tente pas de vous faire partir. Si c’était le cas, je m’y prendrais autrement. Le bon déroulement de votre travail, et par conséquent votre salaire, nécessite votre ténacité, je ne doute pas que vous soyez aguerri de ce côté.

H : Etes-vous au moins consciente de faire souffrir vos proches ?

F : Ne commencez pas comme ça. Je suis parfaitement insensible à toutes espèces de chantage affectif.

H : vous êtes donc égoïste à ce point.

F : Il est normal que je sois égoïste, étant donné que je suis seule. C’est un calcul purement logique.

H : Là, vous n’êtes pas logique, dans votre raisonnement, vous devriez ne pas être seule, vous que vous vivez avec vos livres.

F : Ne soyez pas grotesque avec moi. Je ne suis pas dans un délire romantique où je serais persuadée de la vive propre de chacun de ces livres. Je suis pragmatique. Je ne leur dois absolument rien, ce sont des objets. C’est pour ça que je les aime : je profite d’eux sans rien leur devoir en retour.

H : D’accord, cela se tient. Mais votre mère, là dedans ?

F : Mettre au monde un enfant est un acte purement égoïste. Qu’elle ne s’étonne pas que je le sois en retour.

H : Egoïste ? Mais elle vous a donné la vie ! C’est le plus beau des cadeaux !

F : Absolument pas : elle a engendré un enfant pour son unique plaisir, et non parce qu’elle pensait que cet enfant, d’ailleurs uniquement virtuel, apprécierait un jour de vivre. N’essayez pas de jouer sur la corde sensible avec moi.

H : Je vous où vous voulez en venir. Vous voulez faire payer à votre mère le fait de vous avoir donné la vie parce que vous souffrez et regrettez momentanément d’avoir été engendrée.

F : S’il vous plaît, une première et dernière fois : n’essayez pas d’essayer de « voir où je veux en venir ». Croyez-moi, ça ne se produira jamais. Je suis au regret de vous détromper mais je ne regrette absolument pas d’être née. Je ne souffre pas, j’adore la vie que je mène. C’est ma mère qui refuse de me laisser la mener, et qui se persuade au nom de ses acquis sociaux et psychologiques que mon comportement traduit un mal être, un déchirement intérieur, et autres élucubrations parfaitement absurdes et infondées.

H : Vous savez, on peut souffrir et traduire cette souffrance par des comportements extérieurs sans même en être conscient.

F : Si vous évoquez seulement le nom de Freud, je hurle. Sérieusement, arrêtez avec votre discours de psychologue tout prêt acheté en kit.

H : Vous pensez être satisfaite par la vie que vous menez, mais ce n’est pas une vie, c’est au contraire une absence de vie, vous passez vos jours et vos nuits dans la plus totale passivité ! Un jour, vous regretterez le temps perdu, votre jeunesse passée à l’ombre, il sera trop tard pour vivre.

F : Je ne « mène » pas ma vie, je l’ai choisie. Cela me rend bien moins passive que la plupart des gens qui mènent une vie au sens où vous la concevez.

H : Ecoutez, ne jouez pas sur les termes, s’il vous plaît : vous passez depuis des années toutes vos journées dans ce lit, à dormir, lire et manger ! Vous ne faites que recevoir, vous êtes passive !

F : Quand bien même je le serai, mon cas ne différerait pas de celui de la moyenne de la population, mis à part le fait que dans le leur, la lecture soit remplacée par le travail, ce qui me rend plus glorieuse qu’eux, car lire ne m’asservit pas.

H : Bien sûr que si.

F : laissez-moi deviner, les livres m’asservissent car je ne sais me passer d’eux, qu’ils ont un ascendant sur moi, etc etc. Je me trompe ?

H : C’est effectivement ce que j’aurais dit, en d’autres termes.

F : Je suis navrée d’avoir à vous le dire, mais vous examinez la situation en robot, en œil électrique analysant chaque facteur, en les imbriquant et en déduisant ensuite la solution théorique qui en découle. Cela dit, cela ne m’étonne pas d’un psychologue, c’est là le principe même de leur métier.

H : Vous pensez donc être si extraordinaire que la psychologie ne s’applique pas à vous ?

F : Pour la première fois depuis le début de ce simulacre de conversation, vous avez raison. Je suis bel et bien extraordinaire, mais encore une fois vous déformez le sens du mot en lui donnant le caractère d’une qualité, alors qu’il dépeint juste une certaine gradation de normalité. Je crois pouvoir dire sans prétention n’être pas ordinaire, ne serait-ce que par ce choix de vie dont il est justement question présentement.

H : Vous dites avoir fait un choix. Quand se choix s’est-il imposé à vous ?

F : Puis-je savoir quelle importance accordez-vous à cette précision ?

H : Je doute qu’une enfant de votre âge puisse prendre une décision sans la regretter plus tard.

F : C’est d’une parfaite stupidité, mais quelle différence y aurait-il à ce que je l’ai prise il y a un, deux, ou trois ans ?

H : Je trouve simplement votre détermination étonnante.

F : Je suis un cas, dites-le carrément. Treize ans, voilà. Ca vous excite ?

H : S’il vous plaît, mademoiselle… Ne soyez pas vulgaire.

F : Quitte à être vulgaire, je préfère l’être franchement qu’à votre façon, par mauvaise foi, banalité, et lieux communs dégainés à chaque tirade comme des armes puissantes. De plus, le verbe exciter ne décrit pas uniquement l’excitation sexuelle. Qui est alors vulgaire ?

H : êtes vous réellement toujours autant sur la défensive ?

F : Je refuse de me voir accusée de vulgarité.

H : Ne tentez pas cette excuse, vous êtes imbuvable depuis le début de la conversation !

F : Je ne vous retiens pas. Pour une fois, vous allez devoir mériter votre salaire si vous tenez à le recevoir.

H : Et vous n’avez pas peur de me faire sortir de mes gonds ?

F : Vous feriez un bien piètre psychologue. Ce qui est un pléonasme. Vous tenez à être un pléonasme ?

H : Pourrions-nous revenir vers une conversation plus constructive ?

F : En réalité, la formule exacte aurait été « pourrions-nous évoluer vers une conversation plus constructive », celle-ci ne l’ayant pas encore été.

H : Si vous y tenez.

F : Excusez-moi, mais il serait tout de même temps que je vous demande quel est le but de votre visite, et qu’en espérez-vous. Ou du moins, qu’en espère ma mère ?

H : Eh bien, tenter de comprendre les raisons qui vous ont mené à refuser d’intégrer la vie extérieure à votre chambre.

F : Faux. La seule raison de cette visite est de tenter de me faire revenir à ce que vous pourriez oser appeler la raison.

H : Si ce fut le cas, vous avez anéanti cet espoir il y a bon temps.

F : cet espoir, entendez-vous !

H : Enfin, qu’espérez-vous m’entendre dire ? Qu’étant donné que j’exerce ce métier pour gagner ma vie, mon salaire est mon seul intérêt et que je me fiche éperdument de mes patients ? On peut tout de même aimer son métier, cela n’entre pas dans votre champ d’imagination ?

F : N’utilisez pas ce ton implorant avec moi, et cessez de tenter de me faire prendre conscience de faits ou m’apprendre des choses. Si vous aviez des qualités humaines capables de m’interpeler seulement, vous auriez déjà capitulé par respect pour moi depuis longtemps.

H : Mais vous entendez-vous seulement ? Vous rendez-vous compte de l’amertume et du cynisme, de l’agressivité qui sont en vous après quelques années de cette vie ! Qualités humaines ? Non mais sérieusement, vous délirez ? Vous êtes une pimbêche et une enfant gâtée ! On vous apporte tout dans une cuiller en or ! Vous êtes une petite fille aigrie !

F : le fait que je sois capable de vous faire taire à chacune de vos lamentables tentatives vous vexe. Je sais être méchante, la vie ne m’aurait pas plus épargnée, vous parlez sans savoir. Allez-vous-en !

H : C’est trop tard, si vous aviez voulu que je parte, vous vous seriez montrée plus banale pour me démontrer que tout allait bien.

F : Encore un de vos sophismes…

H : Avant vos treize ans, vous avez connu l’extérieur, tout de même ?

F : Assez pour décider de ne pas en faire partie.

H : Et comment cela s’est-il passé, un jour, vous avez refusé de vous lever le matin, et vous n’avez plus quitté votre lit depuis ?

F : Ca ne vous regarde pas.

H : J’aimerais comprendre.

F : Ce n’est pas à votre âge que je vais vous expliquer que l’on n’obtient pas toujours ce qu’on désire.

H : Allons, vous accordez tant de cas à votre histoire, pour la juger si indicible ?

F : Oh non, je fais clairement ça pour vous emmerder, vous ne pensiez tout de même pas que j’allais y mettre du mien ?

H : Vous ne pensiez tout de même pas que votre mère m’aurait invité sans me le raconter ?

F : Bien sûr que non, c’est pourquoi j’ai jugé inutile de répéter ce qu’elle a dit, j’en suis certaine, avec plus d’émotions et de violons que je ne l’aurais fait.

H : La plupart des grands malades veulent au contraire vivre le plus violemment possible, profiter un maximum du sursit qui leur est accordé. Pourquoi ne voulez-vous pas vivre ? Vous êtes jolie, vous connaîtriez l’amour, tout s’ouvre à vous. Pourquoi ?

F : Je vis intensément et baignée dans l’amour. Je vous répète que vous seriez incapable de comprendre.

H : L’amour ne peut pas être salutaire lorsqu’il se déroule à sens unique !

F : Je ne demande pas à être sauvée, comme cela se trouve !

H : Vous ne pouvez pas vivre dans l’amour, admettez que vous aimiez, vous ne l’êtes pas en retour, c’est invivable.

F : Sophisme. Rien n’est invivable. Mis à part la mort, et je ne fais pas d’esprit en vous annonçant ça. En lieu de retour, il y a une possibilité, un espoir, un simple « si ». Je ne vois même pas pourquoi je discute avec vous, je vous répète que vous n’avez rien à faire là-dedans, je n’ai rien à prouver et je n’ai à répondre de rien. Allez-vous-en, charognard.

H : Je ne vous comprends pas.

F : Je ne vous comprends pas non plus, et c’est loin de me perturber. Cela me perturbe d’ailleurs tellement peu que vous m’excuserez, je vais aux toilettes. A moins que là aussi, vous ne vouliez m’y suivre.

(Elle se lève et se dirige vers la porte)

H : Bien entendu, j’ai dit que vous étiez jolie, je veux également profiter de vous.

F : Je ne me fais aucune illusion, vous êtes trop lâche pour vouloir coucher avec moi.

H : La lâcheté ne consisterait plutôt-elle pas à succomber ?

F : Pas lorsqu’il s’agit de quelqu’un de votre catégorie sociale. Une personne sans aucun acquis moral n’aurait aucune gêne, tandis que vous regimberiez à accomplir un acte dont l’immoralité due à mon âge n’est que récente.

H : La question ne se pose pas, quand bien même j’ai l’objectivité d’admettre votre beauté, je n’ai pas de désir pour vous. Je ne vois même pas pourquoi la discussion erre jusqu’ici ! Allez donc aux toilettes, calmez-vous, je vous en prie.

F : Allons, je ne vais pas vous sauter dessus. Sans vous vexer, cela relève de l’impossibilité.

(elle sort, et revient deux minutes plus tard. En l’attendant, le psy regarde les livres qui traînent)

H : Ah, Boris Vian ! J’aime beaucoup.

F : Aimer Vian est presque une obligation, c’est un des plus grands génies artistiques du 20eme siècle. Vous vouliez instaurer une sphère d’intimité entre nous par le biais de notre amour commun pour Vian ? Cela me dégoûte que vous l’aimez. Les gens ne se posent jamais la question de savoir s’ils sont dignes.

H : Vous êtes décidément stupéfiante. Vous rendez-vous au moins compte de votre degré d’orgueil ?

F : La dignité n’est pas une qualité. On est digne ou on ne l’est pas, cela peut dépendre de beaucoup de choses. En l’occurrence, je pense être digne d’eux car je leur dévoue la vie. Vous, vous êtes psychologue.

H : Mais Vian vivait dans les caves, il vivait intensément, il était très actif, et vous pensez, si je suis votre raisonnement, en être digne ?

F : Boris Vian reniait toutes les conventions sociales et ne s’imposait rien, il ne considérait rien comme acquis, et remettait tout en question. Je pense en être digne.

H : Cette conversation va vite tourner court, reprenons à partir de votre maladie.

F : Je vous avoue que la façon dont vous employez l’impératif présent à la première personne du pluriel est assez drôle, si vous permettez.

H : Encore un sarcasme. A ce stade-ci de la conversation, vous ne parvenez plus à m’étonner.

F : Oh, cela me vexe, si vous saviez.

H : Vous voulez éviter que nous parlions de cette maladie ?

F : Pas spécialement. En vérité, je ne vous étonnerais pas non plus en disant que je préférerais éviter de vous parler, tout court.

H : Si c’était le cas, vous pratiqueriez le mutisme, tandis que dans le cas présent, vous prenez un malin plaisir à me clouer le bec coup sur coup.

F : Ah, oui, suis-je bête, j’avais oublié que vous aviez pratiqué des expériences sur différentes filles de mon âge qui refusaient de sortir de leur chambre et ne voulaient pas vous parler, et qu’une majorité d’entre elles préféraient se taire, d’où vous en tirez cette conclusion.

H : Pourtant je serais probablement déjà parti si vous n’aviez pas parlé. Mais maintenant que je vous l’ai conseillé, il devient impensable pour vous de songer à m’obéir. Ou bien, solution plus probable, vous vous emmerdez tellement que même ma visite vous distrait, et vous n’avez pas très envie de me voir partir, mais vous préférez tout de même être désagréable avec moi, pour l’exercice.

F : Vous pensez sérieusement que si je m’ennuyais avec Sade et Bukowski, ce ne serait pas le cas avec vous ?

H : Là c’est différent, il vous arrive quelque chose, à vous, et non pas à des personnages.

S : Il m’est déjà arrivé quelque chose, j’ai préféré laisser tomber, vous ne faites pas le poids à côté de cette chose.

H : vous ne voulez pas la nommer, n’est-ce pas ?

S : Vous tenez vraiment à bander, hein ? Sarcome d’Ewing, c’est si important que ça ? Vous ne pensez tout de même pas que le prononcer ou pas pourrait être salutaire pour moi ?

H : C’est effarant de vous voir nier à ce point les effets que cette maladie a eu sur vous.

S : Je ne les nie pas du tout. J’ai eu une crasse, j’ai survécu, cela arrive à beaucoup de personnes, je ne vois pas en quoi ce serait capital.

H : Mais cela a tout de même été l’élément déclencheur de votre nouvelle façon de vivre ?

S : Qui vous dit que je n’ai pas simplement pris goût à la vie de feignasse dans les hôpitaux ?

H : Quelque chose me dit qu’on n’y prend pas goût.

S : Je vous le redemande, qu’attendez-vous de moi ? Vous voulez que je vous dise que cette maladie m’a tellement traumatisée que je vis dans une bulle en attendant un élément déclencheur qui me guérira et me renverra vers la normalité ?

H : Si vous le proposez, vous devez tout de même y penser, même si vous le niez.

S : J’y pense comme à la solution toute faite à laquelle les gens pensent en analysant mon cas. Je considère personnellement qu’un retour à la norme ne saurait en aucun cas être salutaire.

H :


Le MySmerde de Coline Honoré : Charogne de doberman

vendredi 19 juin 2009

Poème depuis Saint-Anne

par Alexis de Hamilton



Il y a des hommes et des femmes sans visages qui viennent bousculés par la pluie, perdus dans le brouillard de leurs humeurs qui tombent comme des soldats durant l'assaut d'une armée désorganisée. Il y a le blanc et le gris peints comme seul agencement des couleurs d'espoir. Il y a l'enfermement qui entraîne le dédoublement des rêves. Il y en a qui crie le volume d'une pièce sans que personne n'entende, ou c'est que personne ne semble avoir l'intelligence de l'écoute. Il s'y joue l'impression de participer à un crime terrible ou bien à l'inverse on se bat contre les médecins et l'ennui. Sainte-anne ce serait la terre bourgeoise en modèle réduit, or on peut en sortir et une fois dehors connaître le prix de sa sécurité. On saurait à peu près situer sur une carte une partie du sentiment religieux, "un autre en moi qui porte mon être".

*

Comme la braise, attendre le souffle de la mort,
Sans rien provoquer, rester sans malice.
La mort se résume par la fin des mots,
Il y a ensuite un grand dépassement,
Le temps en aura fini de lacer ses souliers sur le dos des hommes,
Deux lignes formeront une droite,
La cendre humide rejoindra la peau,
La peau rejoindra la cendre humide,
En vagues, en apaisement, en communion.

Si l'homme est pauvre c'est qu'il est endetté.
Si l'homme est riche c'est qu'il ne l'est pas assez. Toujours entre l'homme et ce qu'il désire il y a l'impuissance d'être.

Ce que Dieu donne est à rendre à soi. Dieu dit que tu pourras t'enfermer autant que tu le veux, il sera toujours là. Dans l'âtre de la cheminée, ou dans une poche de ta veste que tu as pliée sur la chaise placée devant ton lit. Il est là. C'est pure folie que de se croire seul, c'est une chose dont on doit rougir, c'est un péché d'orgueil. J'ai croisé des hommes qui regrettaient leur vies entière de n'avoir connu que leurs voix. Ils erraient sans connaître celle des arbres, des fleuves, des montagnes, ils erraient sans jamais connaître la paix.

lundi 15 juin 2009

La branlette

par Patrick Tankule
(publié sur le webzine Le Dégueulasse)




quand javais 15 ans je me branlais pasque javais pas de copine et que jpouvais penser aux filles de l'école tout seul dans mon lit ou les toilettes, les baiser sans qu'elles le sachent. 18, toujours rien, j'ai meme pas embrassé une fille de ma vie. Je me branle. 19 ans, je suis gothique.Un artiste maudit. Je lis baudelaire, buckowski. Jai une veste noire et je suis a l'internat. A l'internat, cest que des mecs, tout le monde se branle. Sous la douche, aux chiottes, au lit. C'est la fête. Jme branle plus, du coup. Ca me dégoute. J'ai mis un poster de marilyn manson a poil au mur au dessus de mon lit. Je suis un rebel, mes collocs se cassent un bloc plus loin. Tout seul. Nickel. Le matin ça sent le gel douche, le déo, le parfum. Dejeuné. Bus. On va en classe. Reste un quart d'heure,Jbois une amsterdam dans la rue d'à coté. Jai la classe, jsuis bien. je sens la bière à 9h du mat, les professeurs s'interrogent mais jsuis un élève sympa. C'est vrai, dans le tas d'élèves ya: les mecs gentils, qui cherchent à etre ami, un sale arabe qui me me traite de sale pédé dans le bus et meme ses potes avaient honte, des chefs de bande qui se branlaient à coté de moi ya pas si longtemps, les victimes qui t'aime bien mais l'ont bien cherchées, et puis les autres. Plus tard, avec l'un d'eux ont ira vider les portes feuilles dans les vestiaires pendant que les mecs jouent au foot, en sport. D'ailleurs ce mec, ce pote, jai pas de nouvelles. Mais ce mec chiais dans le baby foot et le trivial poursuit du foyer. On avait aussi la clef du distributeur de café. Désolé pour les autres. Je tente des trucs avec des filles de l'école. J'ai plein de meilleures copines. Comme le meilleur ami homo. Pause de midi, jvais piquer des bières au leclerc-bordeaux. Bus. A l'internat, on a 2h de libre avant de rentrer. Je vais au champion acheter des bières. (champion-talence-Bordeaux). Je cuve dehors, devant le batiment. Jai un bouquin dans les mains quand meme ca fait plus cool. Une fille a gros titis qui lit virginie despentes viens me parler. Je suis mysterieux elle dit. Je me branle. J'ai une copine, le matin jsuis heureux, cest l'été , jme rappel des matins de gueule de bois. mais il fait bon et le bruit des oiseaux, ptain les oiseaux, c'etais pas des conneries, cest ça qu'on retiens. Des mecs me regardent pas pareil. J'ai une copine. A l'internat de mecs , yen a un un qui passe la tete par desus le box et qui me parle des nichons de ma copine. cest comme ça chez nous. bon. Jai eu encore moins d'amis. Apres un jour jaime plus ces mecs, et un soir ya une descente de la police. Avec des chiens. ils ont reniflés les casiers. les policiers ont embarqués les arabes. Et moi, le pédé. Z'ont fait passés les arabes en premier et moi. Jai rien dis vu que moi jbois et jme branle et cest pas interdit. Apres dans la voiture au retour, les arabes il me respectaient vu que j'avais rien dis. Et que surtout ça devaient faire bander le fan de gangtster de se faire ramener par le bus de police a l'internat. jsuis un gothique caillra clodo. La fille me donne rendez vous à la gare. Jai un message en papier dans mon casier. avant de rentrer chez nos parents. Elle m'embrasse. Je sort avec une fille. le matin on mange ensemble, on s'embrasse, on raconte nos vies. Elle a vraiment de gros titis. On est pas dans la meme classe, mais entre midi et deux on va au parc. Elle me laisse toucher ses titis. On s'embrasse. c'est les vacances, elle vient chez moi. Je range ma chambre. On mangent avec mes parents. Tous le monde se couche, on discutent doucement, ya mes parents a coté. Jfais le mec détendu, elle a eu d'autres mecs. Elle est a l'aise. J'ai envi de me casser mais jsuis chez moi et puis jai la gaule.elle prend les devants, je vois ses titis, elle touche mon zizi, on baise. Trop cool. On dort. Jme réveille avant, j'attend, cest l'heure de manger. Mais vers 12h on re-baise. Elle fait du bruit, du coup je met ma main devant sa bouche, cest nul mais elle lèche mes doights. Trop cool. Ma mère frappe à la porte, c'est l'heure de manger. Merde, je joui. Elle elle dit que oui, elle aussi. Elle se douche, on mangent. Jsuis un homme papa et maman. mes parents s'en vont une semaine. Elle vient chez mes parents. Je range ma chambre. Je me branle. Je viens la chercher en scoot à la gare. Jai acheté des bieres. Elle se déshabille. Je fait pareil, je fais comme sur les vidéos. Je suis un vrai mec. On baise. Bon. Jsais pas. mais cest cool. Elle dit que jai un gros zizi. Cool aussi. Elle dit que c'est mieux sans capote. D'accord. on baise. Oui c'est mieux. apres jsais plus, jcrois qu'on baise et elle doit s'en aller. Je jdemande a un pote qu'a le permis de la ramener à la gare. Jlui dit au revoir. On s'embrasse. Elle me rapelle pas. Je la rapelle, elle me largue. Jme branle.


Le myspace de Patrick : Artnaqueur

mercredi 10 juin 2009

Lettre aux Renseignements Généraux

par Arthur Syphilis
(publiée sur le webzine Le Dégueulasse)



Eh les Renseignements Généraux ! Ca vous plait ledegueulasse.com ??? Je sais très bien que vous espionnez notre site. C’est votre boulot de tout savoir et de tout balancer ensuite. Eh, le R.G ! J’ai rien à cacher ! Je ne cache rien ! Je suis un dégueulasse, un gros dégueulasse, un vieux dégueulasse. Un dégueulasse qui ne pense qu’à la chatte !!! Une bonne grosse chatte bien baveuse. Eh le R.G ! T’aime ça bouffer de la chatte ??? Tu lui bouffes le minou à ta femme ? Et à tes maîtresses ? Tu leur bouffes le minou ? Hein ??? Je t’ai posé une question inspecteur Morino !!! Inspecteur Etienne Morino, né à Cosne sur Loire, dans la Nièvre, le 8 mars 1975. Espèce de bâtard d’enculé !!! T’as fini par devenir flic !!! Déjà tout petit, tu m’espionnais pour me balancer au pion. Petite ordure de balance de merde !!! C’est toi, au primaire, qui m’a mouchardé que je fumais dans les chiottes de l’école. Et plus tard, c’est toi qui m’as balancé au prof que je trichais lors d’un contrôle de math. Et encore plus tard, t’as balancé que j’avais fait le mur de l’internat pour me bourrer la gueule dans un bar. Ca m’a coûté un mois de renvoie et ça m’a coûté mon bac. J’ai foiré mon bac à cause de toi !!! Petite saloperie d’ordure de flic mouchard de merde. Et c’est toi qui t’ai tapé Laetitia !!! Petite raclure !!! Enfoiré d’ordure de chiasse de merde !!! Je l’aimais Laetitia !!! Elle était si gentille avec moi. LAETITIA JE T’AIMAIS !!! Mon ange, ma seule joie d’aller à l’école. Tu me passais tes devoirs pour que je les recopie. En classe tu te mettais à coté de moi afin que je puisse pomper sur ta copie. Pis tu as été la première nana avec qui j’ai dansé un slow. C’était le quart d’heure américain et c’était toi qui m’avais invité. Oui, j’étais trop timide pour inviter une fille à danser. Tu t’en souviens ? C’était à la boum de Steph, on avait 13 ans. Aujourd’hui, je t’avoue, en rentrant chez moi, je me suis branlé toute la nuit en pensant à toi. Et je te faisais mouiller dans mes pensées. Je t’aimais Laetitia ! Je voulais t’épouser. Tu as été ma première amoureuse secrète. POURQUOI T’ES TU FAITES SAUTER PAR CETTE ENFLURE D’ETIENNE MORINO ??? C’est lui qui t’a dépucelé en plus et il t’a jeté comme une merde après avoir spermé dans ton vagin que je désirai tant. Pourriture d’Etienne Morino, T’ES DEVENU FLIC !!! T’as fait la fac de droit pour devenir une salope de condé !!! Et à la fac, tu osais te la péter anarchiste végétarien chasseur de nazi au Scalp. Militant de la défense des sans papiers comme d’autres sont militants de la défense des bébés phoques. Comme si j’avais pas compris que tu en avais rien à foutre des sans papiers et que ton militantisme à deux balles ne te servait qu’à te la péter rebelle, afin d’avoir l’air cool et ainsi te taper le plus de nanas possibles. Enculé de fils de putain de Morino ! T’as été anarchiste et maintenant t’es une pourriture de flic !!! SALOPE DE BALANCE !!! Vas y inspecteur Morino ! Balance moi !!! Fais moi des écoutes téléphoniques ! J’ai absolument rien à cacher. Au contraire ça m’arrange, comme ça tu me fais de la pub. Je veux que toute la France sache, je veux même que le monde sache. Balance moi à Interpol ! Je veux que l’on sache que je suis le champion du monde de bouffe de foufoune. C’est mon seul talent, c’est ma seule passion, je ne pense qu’à ça, lécher du minou bien baveux. Et j’en gobe de toute les sortes : des jeunes, des vieilles, des petites, des grosses, des blanches, des noires, des jaunes et même des juives et des maghrébines malgré que ce soit interdit par la religion. Elles viennent chez moi en cachette et je peux t’assurer qu’elles aiment ça. Elles en sont folles, ELLES GUEULENT DE PLAISIRS. Elles le savent très bien que je suis un expert en léchage de chatte. Un dégueu comme moi, un ivrogne comme moi, ça ne peut que savoir faire jouir avec sa langue, avec ses doigts et avec sa queue. Même les gamines du lycée viennent me voir, car elles le savent, elles auront peu d’opportunité dans leur vie de rencontrer un expert tel que moi. Le champion du monde !!! Je te le dis Morino !!! Il suffit de me voir déguster les huîtres pour deviner que je suis un expert en la matière. DEMANDE A TA FEMME MORINO ! Je lui ai fait prendre son pied comme personne ne l’a jamais fait !!! Et surtout pas toi !!! Espèce de sale flic impuissant !!! TA FEMME M’A DIT QUE TU BANDAIS MOU ! Et y’a que balancer qui t’excite, pauvre tache que tu es !!!

lundi 1 juin 2009

Ode à Monsieur Merde

par Le duc de Trèfle



Ils sont parmi nous les boomerangs
les boomerangs avec lesquelles le Diable du Lucre s'amuse à jouer
les boomerangs maison/travail travail/maison maison/épicerie épicerie/maison maison/banque banque/pharmacie pharmacie/maison maison/anpe
ils sont là les bipèdes
les bipèdes bien propre
les monsieurs Propre
les bipèdes en cravate
les bipèdes en costume noir en costume bleu
les bipèdes à casquette
les bipèdes en jogging noir en jogging bleu
sur les trottoirs sur les passages piétons
en fille indienne
non en rang
en rang comme à l'armée
l'armée des bipèdes à sacs plastiques
à sacs plastiques noirs à sacs plastiques bleus
avec des armes de guerre à l'intérieur
avec toute la guerre à l'intérieur
avec le bonheur à l'intérieur
avec tout le soleil à l'intérieur
de l'intérieur de la megalopole il fait beau au delà des buildings
oui non oui je ne sais pas
il faut beau ça oui à l'intérieur de la megalopole
les moutons sans noms marchent rue Machin sous les coups de fouet du gentil berger commerce
c'est la liberté des moutons
liberté égalité fraternité sous les coups de fouet du gentil berger commerce
le dieu des moutons accepte les miroirs
il fait beau ça oui il fait beau
il fait beau tout le temps sous le soleil de l'argent
il y a du soleil ou de la pluie sur les visages
il y a du soleil ou de la pluie sur les parois des cœurs
le soleil ou la pluie c'est selon
c'est selon se qu'en dit le banquier
et selon se qu'en dit le banquier les moutons marchent
marchent rue Machin sous les coups de fouet du gentil berger commerce
marchent par 1 par 2 par 4
par 10 rarement
les moutons ne voient pas les autres moutons
dans les megalopoles bourgeoises chaque mouton marche avec son mur
son mur étatique monétaire ou moimoïste de mouton
d'accord je suis le mouton qui s'est échappé
d'accord je joue ce rôle d'accord
monsieur Merde c'est moi
dans la mégalopole des moutons qui rue Machin marchent sous les coups de fouet du gentil berger commerce je vais bientôt devenir féroce
plus que féroce parce que mon dieu n'accepte pas les miroirs
féroce violent fanatique comme les moutons qui sous les coups de fouet du gentil berger commerce rue Machin marchent
je suis monsieur Merde
je suis seul très seul seul comme un orphelin qui a mal aux dents
je suis un indien des états-unis d'europe
je suis devant la mairie d'Ubu-City avec ma bouteille de JB 12 ans d'âge et j'écris
j'écris que les moutons qui marchent marchent sous les coups de fouet du gentil berger commerce dans les rues Machin épicièrement fanatisées
c'est quand même pas compliqué
c'est quand même pas compliqué que plus les boutiques sont pleines plus les boites crâniennes des bipèdes sont vides non pas vide occupées occupées par le plein des boutiques
c'est quand même pas compliqué que la ville c'est les chiottes des monsieurs Pinault
les chiottes des monsieurs Propre
les monsieurs Pinault arrivent
font caca sur la place publique devant l'église et repartent
et les moutons rue Machin sous les coup de fouet du gentil berger commerce marchent dans le caca des monsieurs Pinault
dans le caca des monsieurs Propre
monsieur Merde c'est moi c'est au goulot des bouteilles d'éthanol qu'elles sont mes fleurs
je suis un indien des états-unis d'europe
je suis seul très seul seul comme une merde
je suis un ilote mais pas un mouton qui sous les coup de fouet du gentil berger commerce rue Machin marche
monsieur Merde c'est moi merde je pourrai l'opérer à tout instant l'acte surréaliste le plus simple
l'acte sain et juste le plus simple
quel être sain et juste marchant parmi les moutons de la rue Machin ne s'est jamais vu au volant d'une pelleteuse
une pelleteuse vite vite une pelleteuse
vite des bulldozers pour les monsieurs Merde
merde monsieur Merde ce n'était pas moi
je vous hurlais vous êtes des esclaves vous me répondiez nous sommes des citoyens responsable et que vive la liberté des moutons
le problème c'est vous les moutons qui rue Machin marchez dans le caca des monsieurs Pinault et que vive la liberté des moutons
la liberté des moutons qui rue machin mangent se délectent se régalent du caca des monsieurs Pinault
je ne vais bientôt plus faire l'effort de parler votre langue
plus faire l'effort de parler votre novlangue
votre novlangue de moutons de la rue Machin qui pataugent sous les coups de fouet du gentil berger commerce dans le caca des monsieurs Propre et dans le sang des aristocrates et que vive la liberté et la démocratie des moutons
la Liberté et la Démocratie avec un grand F comme Friedman
je ne vais bientôt plus parler votre langue
je vais bientôt parler couramment le poème lettriste
ohyry ohyry guèste poposse taulaite ohyry ohyry anol krasse tamy
je suis seul très seul seul comme une merde orpheline
mais perdu dans les solitudes initiales des égouts nous sommes beaucoup de monsieur Merde à parler couramment le poème lettriste
beaucoup de monsieur Merde éjectés par les monsieurs Propre dans les égouts
et nous nous comprendrons peut-être et nous nous organiserons peut-être
et nous serons l'armée noire l'armée noire des monsieurs Merde
et renouant avec les pères de notre civilisation perdu nous facteurchevaluirons des châteaux parce que notre dieu n'accepte pas les miroirs
Richard Durn était un monsieur Merde parmi les monsieurs Propre
Louis II de Bavière était un monsieur Merde parmi les monsieurs Propre
en attendant je suis seul très seul seul comme une merde orpheline qui a mal aux dents
en attendant j'ai camouflé la bouteille de whisky
parce que la pruderie anglo-saxonne des monsieurs Propre est passé par là
parce qu'on a le droit de boire dans la rue mais seulement si on est un monsieur Propre
un monsieur Propre à la terrasse des cafés
à la terrasse des cafés où le whisky est moins bon et plus cher on a le droit de boire dans la rue
en attendant j'ai camouflé mes fleurs
parce que les moutons sont à l'Elysée
parce que la police surveille les moutons qui rue Machin marchent sous les coups de fouets du gentil berger commerce
la police je la croise toutes les cinq minutes
non je la croise toutes les secondes la police et jamais la même voiture et jamais les mêmes agents
ils sont dans des tanks Toyota
c'est la police des moutons
tous les policiers n'ont pas l'uniforme
les policiers en uniforme c'est pour le folklore
les policés eux ont tous l'uniforme
l'uniforme du multiforme du moment que c'est rentable
je ne suis pas torse nu
je ne suis pas coeur nu
parce que la police me surveille
parce que les moutons me surveillent se surveillent nous surveillent vous surveillent
ils sont dans des tanks Peugeot Renault Citroen
ils y en a qui vont aux épiceries d'autre au labeur
toutes les boites crânienne sont pleines de merde
ils y en a qui vont aux épiceries d'autre au labeur
au labeur des trains en déporte tous les jours
toutes les heures ils y a des trains qui comme Apollinaire le craignait n'émeuvent plus
les gares sont pleines de labeur
le grand architecte est un sodomite
et un sodomite hideux parce qu'hypocrite
il faudra le dire au franc-maçons
voilà ce qu'il y a de plus terrifiant et laid dans le court métrage de Carax
Leos Carax le monsieur Merde
voilà où se situe le terrorisme
le terrorisme permanent des monsieurs Propre
c'est dans la première minute
avant même que mon frère monsieur Merde sorte de la bouche d'égout pour niquer la gueule des moutons qui sous les coups de fouet du gentil berger commerce marchent rue Machin
après Tokyo bientôt les aventures de monsieur Merde à New-York
et à Londres
Berlin
Paris
et dans toutes les têtes des moutons qui sous les coups de fouet du gentil berger Eux-Même rue Machin marchent


Le blog du duc de Trèfle : Achetez-moi un château svp