dimanche 10 mai 2009

Prophétie dans le métro

par Pierre Nicolaievitch Mychkine



Tout a commencé par une destitution cacophonique
Le roi des singes est tombé du margousier géant
Il a cassé sa queue,
La rivière murmurait des sons talismantiques
Jusqu'à la gueule béante de l'immense serpent,
Et le sceptre taggué dans la boue de son ventre
Tapa trois coups de pouces comme un appel théologique...

* * *

Le premier discours politique du premier règne de l'existence
A levé son armée de poissons et de plantes
Le cycle cataclysmique devait jeter la mort
Au bas de son trône magnificient
La queue du roi des singes
Tomba dans l'océan
Pour disparaître des vues d'un ciel qui s'arrachait...

* * *

Le royaume des feuilles s'assécha
Les ritournelles et les sagacités
Salaces des lézards
Le trou des roches minérales
Et la biosphère furieuse
Un long moment qui ne passera pas ?
Quand les cavernes se réunirent en clan
Fut décidé l'heure H du lieu et de la formule...

* * *

Les singes déchus bombèrent leurs lèvres
Et ruinèrent du sang à l'aune d'anciennes reliques
Jamais plus l'espace-temps
Alors ne parlera de ses fils
D'une langue claire et naturelle
Comme l'eau du ruisseau franchit la plaine les contreforts
Et finit par crever dans la mer...

* * *

Les boules de poils méditent
Des complots orgasmiques
La succube envoie ses sandwichs aux épines de cactus
Au fond des gorges chaudes les plus austères
Brouillant les orages si purs de l'atmosphère
VENGEANCE VENGEANCE hurle tout un peuple
Que n'écoutera plus aucun conciliabule sacré
Au son des arbres immenses de la forêt !...

* * *

Dans le chaudron l'empire couve, bouillonne
Et les sciences avides déjà sélectionnent
Une race apte à ramper dans la merde
La multitude des scorpions grattent le dos des rois
Les couronnes elles-mêmes envoient
En cendres des messages plutoniques
De la plus haute dilution
On expérimente la chair l'esprit
Aux goulags aux camps de concentration...

* * *

Ta merde est la mienne Ma merde est la mienne
Nos merdes sont la mienne
Une Idée vient des années-lumière dans la bouche d'un singe gris
Il réquisitionne l'attention de la planète
Pour se sauver Rendez vous dans le fleuve
Qui s'en va en changeant !
La vieille prostituée y garde ses pieds sales

Qui ne s’assainissent jamais !
Et son troupeau de porcs

Paisse là d’heures en heures, d’années en années...


Le blog de Pierre Nicolaievitch Mychkine

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